Rétrospective culturelle – avril 2019

Juste à temps avant qu’il soit trop tard : c’est l’heure de la rétrospective culturelle du mois d’avril 2019 ! Mois riche en visites, notamment parce que j’ai eu 26 ans à la fin du mois, je me suis dépêchée de faire les dernières visites avant d’être trop vieille.

J’ai visité pour la première fois le Musée Marmottan Monet, avec l’exposition L’Orient des peintres. L’exposition temporaire est très intéressante, et la collection permanente ravira les adeptes de l’impressionnisme, avec notamment plusieurs nymphéas de Monet. On y trouve aussi des œuvres religieuses, du mobilier… Le musée est basé dans un hôtel particulier plutôt joli, le cadre est agréable. Ce n’est pas un réel coup de cœur mais ça reste une sortie sympa, si on se motive à aller jusque dans le 16ème arrondissement !

J’ai ensuite visité la Grande Galerie de l’évolution, au Jardin des Plantes. Un des grands classiques que je n’avais pas encore pris le temps de visiter, j’ai été impressionnée par le bâtiment, qui semble encore plus grand à l’intérieur que depuis l’extérieur. L’atmosphère créée par les bruits d’oiseaux, les lumières changeantes et tamisées, fait vraiment voyager, pour toute personne n’ayant pas la phobie de la taxidermie. C’est toujours bizarre de déambuler au milieu d’animaux empaillés mais c’est un incontournable. Un peu comme les catacombes mais mieux, puisque je n’ai pas tourné claustrophobe à la fin de la visite… ( : C’est aussi un bon rappel qu’il est de notre devoir de protéger cette biodiversité que l’humain détruit un peu plus chaque jour…

Nouvelle semaine, nouvelle expo : j’ai visité l’exposition Eléctro à la Philharmonie. Si vous me suivez sur Instagram, vous savez que j’ai adoré. On pense rarement à la Philharmonie pour ses expos, et pourtant, les trois que j’ai vues étaient toutes aussi géniales les unes que les autres ! A chaque fois, vous avez un casque audio qui vous permet de découvrir des extraits (pour les expos précédentes, des chansons de Barbara, ou de comédies musicales en tout genre). L’espace est immense et permet de créer une réelle immersion, avec plusieurs salles, plusieurs ambiances. Il y a toujours un côté participatif qui rend l’exposition ludique et dynamique. Ici, on peut s’initier à la musique éléctro en lisant son Histoire, en jouant avec des boîtes à rythmes, être fasciné.e par une installation lumineuse et musicale… Le déplacement jusqu’à la Villette en vaut clairement la peine !

Derniers jours avant mon anniversaire, avant de retourner au Louvre (histoire de…), j’ai été pour la première fois au Musée Maillol, avec l’exposition autour de la Collection Emil Bührle, qui présente des œuvres de Manet, Degas, Renoir, Cézane, Van Gogh… Encore une super surprise : pour l’aspect historique d’abord, puisqu’on nous explique qu’Emil Bührle a acquis ces œuvres pendant la guerre, et que cela a posé souci notamment car plusieurs d’entre elles avaient été confisquées par les nazis, revendues par des galeries peu scrupuleuses. Ensuite, parce que cette collection est folle : tous les plus grands peintres réunis. Enfin, parce que la collection permanente du musée est aussi géniale. J’avoue que je ne connaissais pas du tout le travail de Maillol avant de visiter le musée, et je suis simplement tombée amoureuse de ses sculptures. Mais il était aussi artiste peintre, dessinateur, même tapissier. Je n’ai pas eu le temps, mais le musée comprend aussi un café qui a l’air très agréable.

Et enfin, le grand jour ! J’ai passé mon 26ème anniversaire dans le Jura, avec ma maman et ma mamie, profitant du beau temps pour faire une excursion à Château Chalon. Petit paragraphe plus touristique qu’artistique, une fois n’est pas coutume… (: A la base, nous allions là bas pour… Remplir nos stocks de vins du Jura, mais c’est aussi un village si mignon à visiter ! Petites rues fleuries, café avec vue sur la vallée, visite d’une vieille école transformée en mini-musée, et dégustation de Savagnin… C’était LA journée parfaite.

Rétrospective de février 2019

Après plusieurs mois d’absence et un nouveau nom voici un nouveau moodboard, qui ne s’appellera plus ainsi : ) Il est donc temps de revenir sur mes découvertes culturelles du mois de février !

Ce fut un mois rempli de découvertes parisiennes : théâtre, musées, monuments… J’ai exploré des nouveaux endroits incontournables que je n’avais pas encore pris le temps de visiter en 2 ans à Paris. J’ai commencé par l’exposition « Talisman » au Musée d’Orsay, une très belle rétrospective autour du peintre Paul Sérusier et de la thématique des couleurs. Jusqu’ici, je n’avais vu que des expositions temporaires à Orsay (Degas Danse Dessin, Le symbolisme dans les pays baltes…) que j’avais d’ailleurs toutes adorées, mais je n’avais jamais vues les collections permanentes. J’y suis donc retournée un peu plus tard dans le mois (puisque j’ai aussi commencé un marathon des lieux gratuits avant mon 26ème anniversaire qui approche à grands pas), et je pense que c’est désormais un de mes musées préférés. Il comporte beaucoup de chefs d’œuvres incontournables et fascinants, et le lieu est magnifique. Coup de cœur personnel pour le tableau ci dessous, de Théodore Chassériau.

Théodore Chassériau, Le Tepidarium

Puis, grâce l’idée à ma super coloc, nous sommes allées à l’Odéon pour voir la dernière représentation de Les Idoles, de Christophe Honoré et avec, entres autres, Marina Foïs que j’adore de tout mon cœur. C’était la première fois que j’allais à l’Odéon, et le lieu est superbe. La pièce était à couper le souffle, magnifique et puissante autour d’un sujet terrible, le SIDA et ses premières victimes dans le milieu artistiques, parmi lesquelles plusieurs idoles du scénariste. Vous pouvez trouver la présentation de la pièce ici.

Mon frère m’a motivée à prendre le RER jusqu’à Chantilly pour visiter le château, et malgré le périple que cela représente, ça en vaut clairement la peine ! La bibliothèque est magique, la collection de tableaux est très riche, les parcs (même en hiver) sont très jolis… Et si vous avez un peu de temps et de moyens, je pense que leur restaurant doit être intéressant également !

J’ai ensuite fait un tour dans le Marais pour découvrir le musée Picasso, encore un grand classique que je n’avais pas visité ! Le lieu est très chouette, mais la foule a un peu pris le dessus. C’est un musée intéressant qui permet d’avoir une meilleure idée du travail global du peintre et pas seulement de ses grands classiques, mais j’ai écourté ma visite assez rapidement à cause de la fréquentation qui ne m’a pas permis de m’imprégner vraiment. J’ai profité d’être dans le quartier pour visiter une galerie d’art contemporain. J’ai eu la chance de travailler dans le milieu pendant 2 ans et je n’avais même pas pris le temps d’en visiter une à cette période, surement à cause d’une overdose. Mais le fait d’y retourner cette fois a été un vrai plaisir, j’étais enfin décomplexée et à l’aise dans ce type d’endroit qui peu paraître froid ou hostile si on ne connait pas grand chose à l’art contemporain. Je prépare une série d’articles plus approfondis sur ce sujet, gardez l’œil : )
Cette fois, j’ai visité la galerie Perrotin pour deux raisons :
– Je faisais découvrir le principe des galeries à mon copain, et je voulais commencer par une galerie emblématique, incontournable, internationale… Et Perrotin, c’est pour moi le plus joli cadre et la garantie d’une bonne expo
– Je voulais absolument voir l’exposition de l’artiste Mr : « Mr.’s Melancholy Walk Around The Town » (lien vers la galerie ici). Plus que quelques jours avant qu’elle se termine, je vous la conseille !

Courtesy : Claire Dorn ©️ Mr./Kaikai Kiki Co., Ltd. / Galerie Perrotin

Nous avons conclu cette journée en grimpant au sommet de l’Arc de Triomphe, et même si l’ascension paraît interminable, la vue est la meilleure des récompenses. Nous l’avons fait de nuit, c’était magique de voir toute la capitale scintiller.

Et pour finir, je voulais visiter le musée Rodin mais n’étant pas au top de ma forme ce jour là, je suis arrivée devant pour voir qu’il était fermé… J’étais avec mon père, et nous avons décidé de ne pas nous laisser abattre : nous avons visité le musée de l’armée, les Invalides, juste à côté. Je ne suis pas sûre que je l’aurais visité toute seule, mais finalement c’était une très chouette visite. Je suis passée un peu vite devant la multitude des trucs exposés, n’étant pas du tout passionnée par l’Histoire militaire, par ses traditions, les uniformes etc, mais plusieurs salles m’ont plus intéressée (la tradition des soldats de plomb, les plans-relief, les vidéos explicatives sur les stratégies des grandes batailles…). Et bien sûr, j’ai enfin vu le tombeau de Napoléon, qui m’a plus émue par la beauté du patrimoine que par le personnage. En bref : une visite très instructive, j’ai quand même bien fait de dépasser mes préjugés !

Vue au dessus du tombeau de Napoléon aux Invalides

A bientôt pour une nouvelle rétrospective ✨

Reconnaître une relation toxique grâce à la littérature

En janvier 2019, je fais mieux que tenir ma bonne résolution littéraire, je l’ai dépassée. J’avais pour but de lire au moins un livre par mois, j’en ai lu 3 (champagne !). L’inspiration m’est un peu venue naturellement pour cette article. A vrai dire, j’ai même commencé à me demander si je n’avais pas en penchant un peu glauque pour ce sujet, puisque les trois livres en question ont un sujet très joyeux en commun : les relations toxiques.

Une relation toxique, c’est quand vous tissez des liens forts avec quelqu’un, mais que quand la confiance est installée, vous réalisez que vous alternez entre les moments de complicité et de mal-être. Cette personne de qui vous êtes proche va se servir de votre confiance en elle pour vous faire du mal. Souvent, ces attaques sont déguisées, insidieuses, on n’arrive pas à mettre des mots dessus. C’est un sentiment d’humiliation, de trahison qui s’installe, et paradoxalement, de dépendance. On commence à culpabiliser, à penser que le problème vient de nous, qu’on n’est pas à la hauteur. Et puis cette personne peut nous rassurer en nous disant à quel point elle nous aime, et nous assure qu’elle agit ainsi pour notre bien. Mais petit à petit, elle détruit votre confiance en nous, et plus on doute, plus on ressent le besoin de remonter dans son estime, plus elle a de pouvoir sur nous, et avant qu’on s’en rende compte, on est coincé dans un cercle vicieux.

Alors non, je ne vais pas délivrer une notice pour repérer une relation toxique grâce à ces trois livres, mais si le sujet vous intéresse, je vous les propose comme point de départ.

Pour commencer, la virtuose des relations humaines, rarement saines dans ses livres : Amélie Nothomb. L’autrice divise les lecteurs, et laisse rarement indifférent : soit on la déteste, soit on l’adore. Je fais plutôt partie de la seconde catégorie : je trouve qu’Amélie Nothomb a un style épuré, direct, mais tellement efficace. Certains de ses livres sont vraiment dérangeant, tous ne sont pas aussi captivant les uns que les autres, et on retrouve souvent des thèmes récurant : l’extrême beauté contre l’extrême laideur, l’intelligence et la finesse contre la bêtise et la méchanceté, les relations toxiques, la fascination souvent malsaine… J’aurais pu inclure plusieurs livres de Nothomb dans cet article, mais en janvier, j’ai lu Frappe-toi le cœur, un roman qui présente une relation mère-fille très dure et qui traite de jalousie, de tact, d’épanouissement, de confiance en soi et en les autres. L’histoire d’une jeune fille qui se construit en opposition par rapport à sa mère et son comportement destructeur, mais dont le destin semble se répété malgré tous ses efforts pour s’en éloigner.
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Ce que j’aime dans les histoires de Nothomb, c’est la diversité de ces relations : ici familiales, mais aussi amicales (Antéchrista), amoureuses (Le Sabotage amoureux), professionnelles (Stupeur et tremblements)…
En bref, si vous voulez vous plonger dans la question, c’est la bonne porte d’entrée. Amélie Nothomb est une de mes auteurs préférés, je ne peux que vous recommander ses livres, qui pour moi, se rapprochent de contes de fées et de sorcières modernes.

Pour rester dans la littérature française, un livre récompensé par le Goncourt en 2016 : Chanson douce de Leïla Slimani. J’arrive un peu après la bataille en le découvrant seulement maintenant, je dois le reconnaître.
Dans Chanson douce, on découvre une famille parisienne attachante, qui engage une nounou si parfaite qu’on en est très vite mal à l’aise. Parce qu’on sait que l’autrice n’a pas écrit un roman joyeux, elle nous l’annonce dès la première phrase du livre. Au fil des chapitres, des flashbacks, des événements, on sent l’urgence de plus en plus pesante, l’étau se resserrer autour des personnages. Les relations se transforment en sables mouvants jusqu’à l’asphyxie.
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Je crois qu’aucun livre ne m’a autant happée sentimentalement : on veut croire au tableau parfait que nous présente l’autrice dans les premiers chapitres, mais on sait que le vernis va s’écailler au fur et à mesure que les personnages baisseront leur garde. Progressivement, le malaise s’installe, puis laisse place à une véritable angoisse. On sait que le déni d’un déséquilibre évident, que la dépendance des personnages les uns par rapport aux autres se révéleront tragiques.

Enfin, dans un style différent, plus léger, un roman autobiographique : Good Morning, Mr President! de Rebecca Dorey Stein.
C’était mon livre de décompression, un peu comme on regarde FRIENDS entre deux épisodes de Black Mirror. Le récit : Rebecca Dorey Stein rejoint la Maison Blanche sous la première présidence d’Obama en tant que sténo. Elle retranscrit donc ses prises de paroles, ses discours, ses interviews, réunions… Job qu’elle va conserver après la réélection du 44ème président des Etats Unis. Elle raconte son quotidien avec POTUS, son staff, les journalistes, au fil de voyages partout dans le monde. Elle raconte également ses relations, les amitiés qu’elle construit, les rivalités, les manipulations.
> résumé complet
Comme beaucoup de lecteurs je pense, j’ai été un peu déçue de ne découvrir qu’une petite partie du fonctionnement de la Maison Blanche et beaucoup de la vie privée de Rebecca Dorey Stein. Mais c’est grâce à cet angle que je peux parler de ce livre dans cet article : on suit sa rencontre et sa relation (ou non-relation) avec un conseiller d’Obama, terriblement charismatique et manipulateur. Je l’inclus également dans cet article pour les relations professionnelles entre femmes. L’autrice a un recul admirable sur les femmes « hiérarchiquement supérieures » mais essayant pourtant de la rabaisser. Une assez jolie expérience du Girl Power et de son contraire.
C’est inévitablement le livre dans lequel nous pouvons le plus nous reconnaître : des résolutions qu’on n’arrive pas à tenir, des faiblesses inavouables, des décisions qu’on regrette le lendemain… à nous faire demander si finalement, le problème ne viendrait pas de nous. Je veux pas vous spoiler, mais la réponse est non.

Alors que retenir de cet article ? Evidemment, je ne souhaite à personne de rencontrer une personne mal attentionnée, si mal dans sa peau qu’elle essayera de vous rabaisser. Mais c’est grâce à mes lectures que j’ai su mettre des mots et prendre du recul sur les relations toxiques que j’ai connues. C’est grâce à Antéchrista que j’ai retrouvé une sérénité, et un esprit assez apaisé pour comprendre que je ne pouvais pas en vouloir à celle qui m’avait fait souffrir : elle même n’avait pas la capacité de se remettre en question, de se sentir mieux. Mais j’ai surtout compris que je n’étais si le problème, ni la solution à son comportement. J’ai pu alors m’éloigner, lâcher prise, et me reconstruire loin d’elle.
N’oubliez pas de vous faire confiance avant de faire confiance aux autres, et sachez que toute personne qui essaye de vous faire du mal est très certainement moins épanouie que vous, voire simplement ultra jalouse de vous.

Whoever is trying to bring you down is already below you

Illustration : extrait de Toxic, Britney Spears

Bye 2018

L’heure du bilan a sonné : que retenir de 2018 en terme de découvertes culturelles ? Que le meilleur, bien sûr. Voici une sélection 100% subjective de ce que j’ai lu, vu, entendu en 2018, et que je vais garder dans un coin de ma tête en 2019. Et comme dirait Ariana Grande : « thank u, next« 

Les expositions
Parce qu’une image vaut 1000 mots, et parce que mes souvenirs ne sont plus assez frais pour cette rubrique… Voici deux de mes expositions préférées de 2018 : Degas Danse Dessin au Musée d’Orsay, et Ai Weiwei Fan-tan au Mucem.

Les séries
La saison 6 d’Orange is the new black a réussi à apporter un nouveau souffle à la série : nouveau décor, nouveaux personnages, nouvelles problématiques, mais aussi des éléments complémentaires sur nos détenues préférées… Je conseille à tout le monde de regarder cette série, décapante et qui apporte un regard fondamental sur le milieu carcéral, que l’on connait peu, et qui est pourtant sujet à de sévères jugements et à opinions tranchées. Parfait équilibre entre discours engagé, humour noir, personnages complexes, c’est une production captivante, intelligente et incontournable.
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Dix pour cent, série française diffusée sur France 2, revenait cette année pour sa troisième saison. Quelques nouveautés ne m’ont pas conquise, mais dans l’ensemble, elle reste une série géniale, drôle et pleine de guest stars, avec un concept rafraîchissant dans le paysage des séries actuelles.
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Orange Is The New Black, extrait de l’épisode final de la saison 5, aka la scène qui vous fera pleurer toutes les larmes de votre corps

Les films
Parmi les films que j’ai découvert en 2018, trois sortent du lot, par leur beauté, leur humour et/ou leur justesse.

L’Ile aux chiens, de Wes Anderson
Le maître du cinéma d’animation et de l’esthétique a encore frappé. Dans L’Ile aux chiens, Anderson montre le pays du soleil levant, divisé à cause… d’animaux de compagnie. Une réalisation parfaite, une histoire creusant le thème de l’exclusion sociale et même de la persécution, et évidemment le lien humains – animaux, sont au cœur de ce récit fantastique.
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Au poste, de Quentin Dupieux
Un thriller hilarant et absurde, qui réjouira les adeptes de La Cité de la peur, incarné par Benoît Poelvoorde, Grégoire Ludig, Anaïs Demoustier et Marc Fraize, tous absolument géniaux. Quasi indescriptible, mais chaudement recommandé.
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Le Grand Bain, de Gilles Lellouche
J’ai déjà dédié un article à ce film, que vous pouvez lire ici !
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Extrait de L’Ile aux chiens de Wes Anderson

Les livres
Pour cette section, je vais faire une exception et vous parler de livres qui ne sont pas sortis en 2018, mais que j’ai découvert cette année. Je n’ai pas tout à fait tenu ma résolution consistant à lire un livre par mois, mais je n’en étais pas si loin. J’ai, entre autre, lu les premiers tomes de Harry Potter, que je n’avais jamais lu étant enfant. Mais c’est deux autres livres que j’ai sélectionné pour cet article :

Grandir, de Sophie Fontanel
J’ai été très touchée par ce récit très personnel, dans lequel elle évoque sa relation avec sa mère, vieillissante, et l’inversement de la dépendance de l’une à l’autre. Grandir, parce que l’auteure devient la mère de sa propre mère, avec toutes les responsabilités et les émotions que cela sous-entend.

Une Vie, de Simone Veil
Une institution, un incontournable de la littérature : l’autobiographie de Simone Veil. J’ai été marquée par l’humilité de l’ex présidente du Parlement européen, ministre, magistrate et militante pour les Droits de l’Homme et de la Femme. Simone Veil a toujours gardé la tête froide, guidée par les plus nobles ambitions.

La musique
La musique n’est pas mon domaine de prédilection, je dois reconnaître que je ne fais pas vraiment preuve d’une grande curiosité… Mon coup de coeur de l’année, sans trop d’originalité je dois le reconnaître, c’est Angèle et son album BROL, pop et mélancolique. Of course, pour ceux qui suivent depuis l’introduction de l’article, Ariana Grande a trouvé sa place dans mon cœur (:

Et en bonus, la vidéo coup de cœur 2018✌️

🎬 – Le Grand Bain de Gilles Lellouche

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J’attendais sa sortie depuis plusieurs semaines, je me suis empressée d’aller voir Le Grand Bain, premier film entièrement réalisé par Gilles Lellouche, curieuse de voir sous quel angle serait abordé ce thème de la natation synchronisée masculine avec un casting 5 étoiles.
J’ai été agréablement surprise, au dessus de mes espérances. C’est un film qui défait les clichés du genre, qui prône la bienveillance, qui arrive à nous faire rire en ne tournant jamais ce sport ni les personnages en ridicule.

Tous les personnages sont attachants et intéressants, à commencer par Mathieu Amalric dans le personnage principal, chômeur dépressif, paumé et incomplet. Son caractère doux au premier abord cache en réalité une lassitude face à ceux qui l’entourent. Sa nouvelle passion pour la natation synchronisée, parce qu’elle est hors du commun, il doit l’assumer pleinement. Cette profonde implication va se révéler libérateur de toute pression et va l’aider à s’affirmer, à ne plus accepter l’inacceptable, et à se libérer de ce qui n’en vaut pas la peine. Il décidera de quitter son job moisi et le patron qui va avec, sa belle-famille pesante et nocive, ses propres complexes. Cette évolution, tout au long du film, est très bien mise en scène et jouée. Son caractère ne change pas du tout au tout, au contraire, on observe le visage du personnage s’ouvrir et s’éclaircir au fur et à mesure du film, avec crédibilité.
Chaque personne a sa trajectoire propre, menant ses combats, luttant contre ses démons, montrant ses évolutions ou ses blocages.

Ce film est une comédie, réussie qui plus est, mais a tenu ce très beau pari de ne pas tourner en ridicule la natation synchronisée masculine. Elle pose même la question : au fond, pourquoi cela nous parait drôle, l’idée de la natation synchronisée par des hommes ? En sortant de la séance, je me suis demandé, qu’est-ce qui m’a réellement fait rire dans ce film ? Ce sont les traits de caractères, les dialogues, les retournements de situations… Mais jamais l’impression de ridicule pendant les scènes d’hommes nageant sur de la musique. Au contraire, j’ai trouvé que c’était les plus belles scènes. Les mouvements de danse ratés de ces nageurs débutants prêtent à sourire, mais tendrement, notamment car ces maladresses n’étaient pas liées à ce sport en particulier. Ces scènes auraient été drôles qu’elles qu’en soit le sport montré.

Plus qu’une comédie, c’est un film feel good, qui donne confiance en soit, qui prône la bienveillance, la compréhension, la compassion. Et pour couronner le tout, vous verrez Marina Foïs, Leila Bekhti, Virginie Efira, Philippe Katerine, Guillaume Canet, Jean-Hugues Anglade, Mathieu Amalric, Benoît Poelvoorde plus drôles et attachants les uns que les autres.

Rétrospective culturelle – septembre 2018

Je vous présente un nouveau type d’article, ce sera un peu mon article rétrospective personnelle du mois. Celui où je partagerai ce que j’ai fait dans ma vraie vie, qui m’aura marquée, et que j’aurai réussi à immortaliser par une photo avec un beau filtre instagram.


Mon mois de septembre a commencé à Marseille, avec la rentrée de l’art contemporain. Déjà familière de la cité phocéenne avec la Friche la Belle de Mai et le Mucem, j’ai cette fois découvert le J1 à l’occasion de la foire d’art contemporain Artorama. Le lieu fait de baies vitrées et surplombant la mer accueillait donc des galeries d’art le temps d’un week-end. Je ne suis pas une adepte des foires, je ne me sens pas à l’aise dans cet environnement, comme je ne me sens pas à l’aise dans une galerie. L’ambiance White cube me fait horreur, j’ai l’impression d’être dans un lieu aseptisé et inhospitalier. J’ai tout de même apprécié l’ambiance un peu plus détendue de ce lieu, moins prétentieux  que la FIAC au Grand Palais, moins poussiéreuse que le Salon du Dessins au Palais Brongniart. J’y ai croisé plus de jeunes un peu trop branchés et moins de vieux un peu trop botoxés, ce qui était déjà plus agréable.

Quelques jours plus tard, je décollais pour l’Italie, pour un séjour à Rome. Un peu angoissée d’avoir arrêté ma décision sur une capitale européenne pour passer mes vacances, après une année fatigante et de très courtes vacances au mois d’août, j’avais peur de revenir plus fatiguée et stressée qu’avant mon départ. J’ai été plus qu’agréablement surprise par cette ville, dont l’ambiance ne ressemble en rien au stress ambiant de Paris. Pas un seul klaxon, quasiment jamais de foule, énormément d’espaces verts, et surtout ces magnifiques pins parasols qui ponctuent le paysage. Je pense développer mon voyage dans une rubrique dédiée sur le blog, je ne vais donc pas épiloguer ici, mais impossible de ne pas parler du glacier Gelato San Lorenzo qui m’a laissé un souvenir divin.

Le week-end suivant, je partais à la découverte de la Bibliothèque de l’INHA, institut national de l’histoire de l’art, à l’occasion des journées du patrimoine. Ce lieu somptueux digne d’un décors de cinéma nous (ma meilleure amie et moi) a fait rêver : verrières, pupitres pour ouvrages d’art, rangées de livres historiques… C’est un lieu chargé d’histoire et de magie, une visite peu connue mais incontournable à Paris.

Le quatrième week-end de septembre, je retournais à Lyon, ville de mes douces années étudiantes, pour un double heureux événement : la naturalisation et l’anniversaire d’un seul et même ami. Bières,  amis, dégrisement sur les quais du Rhône, redécouverte des rues que j’ai connu par cœur… J’ai adoré vivre dans cette ville, pour son atmosphère, son état d’esprit, la multitude d’activités qu’elle propose. Je lui consacrerai surement un article dans ladite catégorie voyage, pour vous parler festivals, musées, bonnes adresses…

Et, enfin, le dernier week-end de ce riche mois, je restais à Paris, heureuse d’accueillir l’automne, ma saison préférée. Ma colocataire (nommée ci-dessus ma meilleure amie) et moi avons commencé à décorer notre appartement, mais nous avons aussi débuté la saison de la raclette. A deux. Devant Harry Potter. Avec des plaids et du thé. = meilleur week-end.

📚 – Les délices de Tokyo par Durian Sukegawa

Attirée depuis des années par ce pays, par sa culture et ses traditions, je me laisse facilement séduire par tout ce qui vient du Japon, que ce soit à manger, à regarder, à lire… Alors comment passer à côté de la vague élogieuse dont a fait l’objet Les délices de Tokyo cet été ?

Sentarô tient sans passion et sans conviction une boutique de dorayaki, pâtisserie japonaise à base de pancakes et de pâte sucrée de haricots rouges. Mais l’arrivée de Tokue, une grand mère mystérieuse, va bouleverser sa façon de concevoir son travail, son implication, et sa propre identité. Livre faussement naïf, il aborde des sujets bien plus profonds qu’il n’y paraît si on se limite au résumé de sa quatrième de couverture. La transmission de traditions, le lien entre les générations, sont certes au cœur de ce roman. Mais bien au delà, ce livre nous guide vers des réflexions sur la dépression, la réinsertion, et questionne notre regard sur les personnes exclues de la société. Elle nous plonge au cœur d’un volet de l’Histoire japonaise peu connue, et nous confronte à des tabous

C’est un livre accessible à tous, léger et sans prétention, qui incarne parfaitement la délicatesse japonaise.