Quelques idées pour réduire ses déchets au quotidien

En toute bonne millenial angoissée de l’avenir de sa planète que je suis, j’ai entamé quelques démarches pour réduire mon impact sur le dérèglement climatique : devenir végétarienne, participer à des marches pour le climat avec des belles pancartes anticapitalistes, et modifier mes habitudes à la maison pour réduire mes déchets. J’ai constaté qu’en discutant de ces démarches avec mon entourage, pas mal de monde imagine que cela représente un gros investissement et un changement drastique de mode de vie. En réalité, ce sont des petits gestes très simples à adopter, les uns après les autres, et j’aimerais vous donner ma petite liste (qui a clairement vocation à se perfectionner) pour vous donner quelques idées.

La salle de bain

Mes premières résolutions ont concerné ma salle de bain : j’ai troqué mes bouteilles de shampoing et d’après-shampoing pour leurs équivalents solides. Cela doit faire 2 ans que je ne jette plus de bouteille en plastique, et c’est ultra satisfaisant à visualiser. J’étais assez dubitative avant d’entamer la transition, notamment à cause de la longueur de mes cheveux (plutôt longs), et de la nature de mon cuir chevelu. Depuis que je suis petite, je me bats contre les plaques et l’eczéma, et jusqu’ici, seul un shampoing d’une grosse marque absolument pas green était efficace. Pour les périodes particulièrement stressantes et propices au retour de ces poussées d’eczéma, je garde toujours une bouteille de secours, mais 95% du temps, je n’en ai plus besoin. J’ai pu espacer mes shampoings (de 2 à 3 jours), ça mousse et ça démêle tout pareil que les produits que j’utilisais avant.
Pour le moment, j’ai surtout utilisé les produits Lush (American Cream, Jumping Juniper…), je m’apprête à tester un shampoing Lamazuna dont j’ai entendu beaucoup de bien. J’avais aussi commencé avec les après-shampoing Joya, qui faisaient très bien leur travail aussi mais qui étaient emballés dans du plastique. Ayant une boutique Lush à proximité, je préfère aller les chercher directement en boutique, emballés dans du papier. Pour les conserver dans la douche, j’ai des petites boîtes métalliques pour éviter qu’ils ne fondent trop vite. Un pain de shampoing et d’après-shampoing dure entre 2 et 3 mois pour cheveux mi-longs, ce qui rentabilise vite leur prix par rapport à la durée de vie d’une bouteille « normale ». On peut aussi noter que ça prend beaucoup moins de place dans une valise lors d’un voyage.
J’ai aussi un soin nettoyant pour le visage solide, qui fonctionne selon le même principe et qui est très efficace. Et bien entendu, le bon vieux savon solide et bio pour remplacer le gel douche : franchement, la base de la base, je comprends même pas pourquoi on a inventé le gel douche, c’est quoi ce complot ? Ca mousse, ça nettoie, ça sent bon, ça prend pas de place, ça coûte pas cher… Enfin voilà quoi. Je prends les miens chez la Savonnerie artisanale du Jura quand je rentre chez mes parents, ou à la Biocoop à Paris, ou n’importe où ailleurs quand je vois un parfum qui me fait envie.

Ensuite, j’ai adopté les lingettes lavables pour remplacer les cotons démaquillants jetables. Les cotons jetables font partie des produits à usage unique (donc des déchets en masse), et ils sont très souvent blanchis au chlore, ce qui n’est pas fantastique pour la peau, vous l’aurez deviné. Pour sauter le pas, plusieurs options : j’ai trouvé des disques en tissu très simples en magasin bio, double-faces, pratiques et sobres. Puis j’ai découvert une infinité de mignonneries sur Etsy, où vous en trouverez de toute matière (coton, bambou, certifié oeko tex…) et avec une infinité de motifs. Et maintenant, j’en couds de toutes dimensions, pour moi, mes ami.e.s, ma famille (coucou les lingettes-bébé pour mon neveu). Je les utilise avec ma lotion, mon eau florale et mon démaquillant. Je me maquille très peu ce qui fait que je n’ai pas une énorme consommation de cotons, mais quand je dois les laver, je les pré-nettoie avec un savon détachant solide bio (trouvé au G20 au pied de mon immeuble, comme quoi pas besoin d’aller chercher très loin !), puis je les mets en machine avec le reste de mon linge. Franchement, super simple, et depuis 2 ans que je les utilise, je n’ai jamais eu à en jeter, donc ils sont clairement rentabilisés !

Prochaine étape : la brosse à dents ! J’ai d’abord testé la brosse en bambou, mais je n’ai pas renouvelé pour deux raisons : la culture de bambou pose de gros soucis de pollution (petit article pour se renseigner), et la texture rugueuse de la brosse faisait saigner mes gencives et l’intérieur de mes joues. J’ai donc abandonné cette option au bénéfice de la brosse en ricin à tête interchangeable. Le concept : on ne jette que la tête de la brosse quand elle est abîmée, ce qui fait… 90% de déchet en moins ? En plus les têtes usagées sont recyclables, donc c’est tout gagnant. J’ai trouvé la mienne chez Lamazuna, et j’en suis très satisfaite. Prochaine étape : le dentifrice solide… Il faudra que je pense à mettre cet article à jour pour dire si j’ai les dents toujours aussi propres ou si j’ai l’impression de manger du plâtre à chaque lavage, suspens.

Ensuite, j’ai troqué les cotons-tiges, autre aberration de l’usage unique, contre un oriculi. Qu’est-ce ? C’est un petit bâton qui sert à enlever le cérumen, et on le lave à l’eau du lavabo, et bim, on a plus besoin de coton-tige. Trouvé en magasin bio pour environ 4euros (plein d’options sur Etsy aussi), ça fait quelques années que je l’ai, donc il est aussi rentabilisé en budget.

Enfin, je teste le déo en crème / pot, je suis un peu moins conquise mais je pense que c’est encore par préjugé plus que par conviction, je vais me forcer à être plus assidue dans son utilisation pour pouvoir faire un vrai bilan. Rendez-vous dans un prochain épisode.

– En résumé – où s’équiper ?
Checkez votre petit magasin de quartier, vous pourriez être surpris.es. Ensuite, tout magasin bio devrait avoir une bonne base pour débuter. Si vous voulez de l’esthétique, foncez sur Etsy (d’ailleurs, vous trouverez quelques idées sur ma boutique). Les marques que j’ai testées et dont je suis contente : Lush, Lamazuna, Joya.

La cuisine

On attaque une deuxième pièce, et pas des moindres parce que j’aime manger : la cuisine !
Je vais parler de petits équipements que nous avons installés et qui peuvent parfois demander un peu d’organisation au delà. C’est le cas pour les ingrédients en vrac : le sucre, les légumineuses, le riz, les épices… que l’on achète en vrac (aussi bien au Franprix du coin qu’à la Biocoop), dans des sacs en coton lavables et qu’on transfère dans des bocaux en verre en rentrant à la maison. Cela nous permet de jeter moins de sachets et barquettes en plastique, boîtes en cartons… Le verre est également un contenant plus sain que le plastique, et ça permet d’avoir une meilleure vision de ce qu’il nous reste dans les placards. Loin d’être parfaite et mon surnom étant Dory 🐠, je dois régulièrement utiliser les sachets en papier proposés au magasin, mais quand les conditions sanitaires le permettent, je les mets de côté pour les réutiliser lors de mes prochaines courses. Ca marche aussi pour remplacer les sachets plastiques au rayon fruits et légumes, ce qui est absolument fantastique, je suis d’accord avec vous.

Parlons peu, parlons vaisselle (sexy, je sais). Depuis quelques semaines, on a remplacé notre éponge par une brosse et notre bouteille de liquide vaisselle par un savon de Marseille. Résultat : ça nettoie tout autant, voire mieux : ça mousse super bien, ça dégraisse sans souci… La brosse ne montre pas de signe de faiblesse pour le moment, mais quand le temps viendra, nous n’aurons qu’à remplacer la tête, qui est composée de bois et de fibre d’agave, donc 100% biodégradable. Et la bouteille en plastique du liquide vaisselle a rejoint les bouteilles de shampoing et d’après-shampoing, c’est-à-dire, je sais pas où mais pas dans notre poubelle en tout cas. Attention à bien prendre une brosse en bois et en matériaux naturels, et non les brosses-gadgets en plastique qui sont moins efficaces et qui ne réduisent en rien vos déchets.
De mon côté, j’ai tout trouvé à la Biocoop. Faites bien attention en vous procurant le savon : le Savon de Marseille n’est pas une appellation protégée et tout produit peu être étiqueté comme tel. Vérifiez bien la composition qui doit être exclusivement végétale et 72% d’huile (vous devriez retrouver cette indication directement sur une des faces du savon).

On s’est également séparés des rouleaux d’essuie-tout en papier pour investir dans leur équivalent lavable. C’est à peu près le même fonctionnement que pour les lingettes lavables dont je parlais dans la salle de bain : trouvés sur Etsy (facilement faisables soi-même), ils ont une face absorbante, une face esthétique (il est pas sublime ce tissu-girafe ?). On les enroule en les clipsant entre eux avec des boutons pression. On les lave en machine avec les torchons, et voilà, adieu les emballages plastique et les papiers blanchis au chlore.

Pour remplacer le film alimentaire en plastique, nous avons des carrés de tissus enduits de cire d’abeille, aussi connus sous le nom de Bee Wrap. Pour les utiliser, je les réchauffe quelques secondes sous l’eau chaude (on peut aussi le faire avec les mains, mais j’ai toujours les mains froides donc…), pour que la cire se ramollisse légèrement. Ensuite, on l’enveloppe autour du récipient ou directement sur l’aliment entamé, on marque les plis en appuyant légèrement avec les mains. Ils se rincent à l’eau claire et en frottant doucement, ensuite on les replie et on les range dans une petite boîte. On en a 4, de dimensions différentes, pour différentes utilisations. On m’a offert les miens, mais (surpriiiise) on en trouve sur Etsy, sur plein de boutiques en ligne, et j’ai même une amie qui a fait les siens toute seule avec des chutes de tissu et de la cire en copeaux (c’est aussi possible de faire la version vegan avec de la cire de soja).

On passe un peu sur du gadget mais une base quand même : les pailles. C’est pas parce que j’approche de la trentaine que j’aime pas boire ma grenadine avec une paille. Mais c’est pas parce que j’aime ma paille que j’ai pas envie de sauver les tortues. J’ai donc opté pour les pailles en inox, lavables et réutilisables à l’infini. J’en ai même une spéciale bubbletea, au diamètre plus conséquent pour faire passer les billes de tapioca. Elles sont vendues avec un goupillon pour les laver, c’est vraiment super simple.

Et le plus rigolo pour la fin : la lessive ! On a eu l’idée un peu par hasard, en tombant sur un stand de la boutique Zéro & Slow sur un marché à Paris, c’était l’occasion de tester. Le principe, c’est de se procurer un sac de lessive en paillettes, et de « fabriquer » sa lessive soi-même : une dose de paillettes mélangée à de l’eau bouillante, j’ajoute quelques gouttes d’huiles essentielles de lavande, je mélange et je verse dans une bouteille en verre (ex jus de fruits, récup un jour récup toujours). La composition est beaucoup plus propre que dans une lessive industrielle.
En parallèle, on entame la transition de l’adoucissant vers du vinaigre blanc, aussi plus économique, et multifonction par la même occasion avec ses propriétés anticalcaires.

– En résumé – où s’équiper ?
Gardez les totebags qu’on peut distribuer un peu partout gratuitement, qui font de très bons sacs à course. Plus pratiques, les mini-sacs en tissu dans leurs mini-étuis (Monoprix avait lancé la mode, je pense qu’on en trouve partout maintenant). Pour les sacs à vrac, plein de créateurs en proposent sur Etsy, et vous en trouverez en magasin bio. C’est aussi assez facile à coudre soi-même, notamment avec de vieux vêtements ou torchons que vous n’utilisez plus (la récup c’est fantastique). Idem pour les BeeWrap si vous décidez de les faire vous-même.
Concernant les bocaux, vous pouvez récupérer les anciens contenants de sauce tomate, confitures, olives etc. IKEA en propose de différentes tailles.
Les pailles sont dispos en magasin bio, j’ai trouvé les miennes à Nature&Découvertes, ou à la boutique de Bubble Tea de mon quartier.
Vous trouverez beaucoup de choix sur La Droguerie Ecologique pour tout ce qui est équipement vaisselle et lessive, ou en magasin bio.

Et vous, c’est quoi vos bonnes idées pour réduire vos déchets au quotidien ?

Les trucs cools de 2020

Je n’ai pas besoin d’expliquer pourquoi 2020 a été une année terriblement nulle, mais avec un peu de recul, j’ai réussi à lister quelques trucs très cool que j’ai découvert et qui ont adouci ces montagnes russes. Est-ce que je vais tricher et inclure un peu de janvier 2021 dedans ? Certainement. allez c parti

Livres
Autant je n’ai pas réussi à enchainer plus de 2 pages lors du premier confinement, autant le deuxième a été l’occasion de soutenir mon libraire. La sélection finale est peut-être légèrement révélatrice d’un manque de voyage…

Il y a eu beaucoup de découvertes du côté des romans graphiques et bandes dessinées. Pour commencer, la plus marquante d’entre toutes : Tant pis pour l’amour de Sophie Lambda, un roman graphique dans lequel elle raconte sa relation toxique, et surtout, son parcours pour se reconstruire. Un livre extrêmement parlant et touchant.

Sur une note plus légère, j’ai adoré Sacrées Sorcières, adaptation du livre de Roald Dahl en bande dessinée par Pénélope Bagieu. Déjà parce que Pénélope Bagieu est une personne fantastique, et puis parce que son univers est tout aussi génial, déjanté et tendre.

Depuis 2004, je suis les aventures de Lou !, bande dessinée de Julien Neel. Je pense que nous sommes nombreuses à avoir grandi avec ce personnage, et mon papa m’offre toujours les nouveaux tomes. A Noël, j’ai reçu Sonata, premier volume de la saison 2, où l’auteur propose un nouvel univers. J’ai fondu de nostalgie en découvrant Lou étudiante dans la ville de Tygre, me remémorant mes années universitaires à Lyon, ville chérie d’amour de mon cœur. Un vrai bonbon.

On entame la transition vers les romans avec deux dernières œuvres illustrées : Onibi – Carnets du Japon invisible, et Rêves de Japon, tous deux d’Atelier Sentô. La première est une bande dessinée rendant hommage aux Yôkai, créatures du folklore japonais qui pourraient être qualifiés d’esprits farceurs. La seconde est un grand carnet d’illustrations pour nous faire voyager entre traditions et légendes du pays du soleil levant.

On passe enfin aux livres NON ILLUSTRÉS, parce que oui, j’en lis aussi. Pendant le deuxième confinement, j’ai dévoré La Papeterie Tsubaki, puis sa suite, La République du Bonheur, par Ito Ogawa. Vous l’aurez compris, je suis dans un bon gros fantasme autour du Japon. Je rêve de ce voyage depuis des années, et normalement je compense en faisant d’autres petites excursions mais 2020 avait d’autres plans pour moi. J’ai beaucoup aimé ces deux romans, très mignons et poétiques. Adeptes de suspens et d’action, vous serez déçus. En revanche, si vous aimez les romans à l’atmosphère Japon-traditionnel, les personnages de cette histoire sont attachants, et vous apprendrez de nouvelles choses sur les coutumes nippones. C’est un peu un livre-doudou, et pendant un confinement, c’est parfait.

Je termine cette section avec le clou du spectacle : Moi les Hommes, je les déteste, de Pauline Harmange. J’en avais entendu parler bien sûr lors de la polémique autour de sa tentative de censure par un chargé de mission au ministère délégué à l’égalité femmes-hommes (quelle ironie), et j’étais très curieuse de le lire. J’ai été très contente de trouver des propos assez inédits, même dans mon parcours de féministe (bien que j’aie encore beaucoup à parcourir), mais un peu déçue de la brièveté de l’ouvrage. Quoi qu’il en soit, c’est une lecture que je recommande, ne serait-ce que pour ouvrir une discussion car oui, nous, les fxmmes, on est épuisées, et ça fait du bien de ne plus se voiler la face.

Films et séries
En 2020, il s’est passé quelque chose de fou : j’ai enfin eu Netflix (grâce à mon copain fantastique qui m’a offert un accès sur son compte). Du coup, j’ai enfin pu voir plein de choses fantastiques ou pas vraiment fantastiques.

Rilakkuma & Kaoru
Mon vrai coup de cœur de 2020 : la série d’animation absolument trop mignonne Rilakkuma. Je suis à l’affût désespérément de l’annonce d’une saison 2 pour replonger dans l’univers de la série, japonisante et réconfortante au possible.

Peaky Blinders
That’s right, j’ai enfin regardé toutes les saisons des Peaky fockin Blinders. Ça m’aura valu, entre autres, une petite obsession pour le rock anglais et une nouvelle playlist Spotify dédiée (purée ils sont pas bons en cuisine mais ils nous écrasent en musique). La hype est méritée, bravo les British.

Sabrina
Ce fut aussi l’heure de dire au revoir à Sabrina, avec les derniers épisodes de la dernière saison. Certes, il y a eu de plus en plus de moments What the fuck mais j’ai beaucoup d’affection pour cette série qui m’a fait renouer avec les sorcières.

Streetfood
Manger est une grande passion. Manger en regardant des documentaires sur la streetfood asiatique et sud-américaine est une double passion. Hâte de pouvoir voyager et manger. En attendant que Top Chef reprenne, c’était une chouette série à suivre.

Musique
Une petite playlist ici, retraçant des moments aussi joyeux que quand j’ai cru mourrir dans l’avion au retour de Lisbonne, au roadtrip de cet été, ou encore tous ces trajets incroyables dans le métro.

Voyages
Quelques semaines avant le confinement, j’ai pu profiter de l’air normand en amoureux ou encore de Lisbonne avec 2 amies en or. C’était si chouette. Et pour les vacances d’été, c’était roadtrip dans toute la France, parce que vous savez pourquoi. Et bah c’était fort sympathique.

Déjà, l’année a commencé avec ma première visite du Mont Saint Michel. Vide. Parce que c’était en plein hiver et que tous les restaus étaient fermés. L’avantage, c’est qu’on était seuls au monde. C’était plus petit que ce que j’imaginais mais c’était sublimissime, il a fait trop beau, et je suis trop contente de l’avoir découvert dans ces circonstances. Ensuite, il y a eu Lisbonne, avec une mention spéciale pour le chauffeur de Uber qui nous a donné son adresse secrète pour écouter du vrai fado dans un trop bon restau, et parler avec une star locale (qui avait chanté pour Dalida wesh !)
Et puis vous connaissez la suite, il faudra attendre l’été pour pouvoir de nouveau bouger. Commence alors un long périple : vignes de Bourgogne > Jura > retour à Paris > Nantes > Niort > Cognac > Saint Palais > Pau > Carcassonne > La Ciotat.
Pourquoi ce trajet sans fin ? Pour faire découvrir les meilleurs vins à mes copines, profiter du grand air avec mes parents, revisiter la ville où j’aimerais déménager prochainement, faire coucou à mon neveu, visiter la Fondation Martell, profiter de la mer en amoureux, faire un coucou à l’arrière-grand-mère de mon copain, et dire au revoir à une amie qui partait vivre à Tahiti. Vacances pas du tout reposantes mais largement rentabilisées, on a revu toutes les personnes qui nous avaient manqué pendant le confinement et on a vu la mer. Pour voir le rendu en vidéo, rendez-vous ici

Habitudes / Divers
En 2020, j’ai pris le temps de me connecter à… mon jeux de tarot. J’ai dédié un carnet à mes tirages, pour prendre le temps de mettre des mots sur mes préoccupations, pour canaliser mes pensées et mes énergies. C’est devenu un rituel, pour les pleines lunes et nouvelles lunes, pour les sabbats, pour les jours où ça va moins bien. Je n’ai jamais réussi à tenir un journal, mais j’ai enfin trouvé une alternative qui me convient. Ca me permet de prendre du temps pour moi, de faire face à mes angoisses, de retrouver espoir, ou d’envisager des chemins que je n’avais pas encore dans mon champ de vision. Et c’est aussi agréable de sortir mes jolis autocollants, on ne va pas se mentir.

J’ai commencé le yoga en 2018 mais cette année, le studio que je fréquente s’est développé. J’ai eu le bonheur de rencontrer une nouvelle prof dont je trouve les séances très agréables, équilibrées et ludiques. Malheureusement, j’ai dû me contenter de cours en visio depuis quelques mois, mais c’est toujours un vrai plaisir et une plaisir après chaque séance, de ressentir mon corps plus alerte et plus souple. Et ne parlons pas des demies secondes où j’arrive à tenir en équilibre sur mes mains pour la position du corbeau (chancelant), la méga fierté !
Mon studio / Ma prof

Sinon, 30 ans après tout le monde, j’ai découvert la Youtubeuse Léna Situation, qui est à l’image de son contenu : solaire, motivante, talentueuse… Ca fait du bien de voir des internetteuses parler d’anxiété, d’envers du décors, de partager leur passion avec une vraie énergie contagieuse. Ses montages vidéos sont géniaux, elle est d’une créativité dingue, et elle dégage des bonnes vibes à des kilomètres à la ronde. Dans la rubrique internet, et plus concentré culture, je recommande aussi le joli compte de La Machine Infernale sur Instagram, Picol’Art qui parle d’histoire de l’art et de vin, ou encore Margaux Brugvin pour ses portraits d’artistes femmes (en plus j’ai bu un verre avec elle, et elle est autant fantastique en vrai qu’en vidéo).

Et le meilleur pour la fin : en 2020, j’ai emménagé avec mon amoureux et avec notre Poppy 🐱, notre star internationale (suivez-la sur Instagram). Du coup, j’ai la maison du bonheur avec deux êtres géniaux à mes côtés tous les jours (même si ma colocataire d’amour de mon ancien appart me manque de tout mon cœur).

Wishlist de la rentrée à Poudlard – Team Serdaigle

Pour revenir après 1 an d’absence sur le blog, j’avais envie de me faire plaisir avec un article un peu moins sérieux. On est en septembre, l’automne est là, c’est bientôt l’heure de rererevoir Harry Potter… Je vous propose donc une sélection shopping d’une rentrée à Poudlard, évidemment dans la meilleure Maison qu’il soit : Serdaigle (mais Pouffsoufle je vous aime aussi).
Je vais être honnête, plusieurs sont déjà passés de la Wishlist à mon armoire.

Boucles d’oreilles – Boutique SunsetMeteor sur Etsy (24€)
Jupe – ChicWish (49$)
Baskets – Mellow Yellow (120€)
Stickers – Boutique BySarahQ sur Etsy (3,52€) > Toute sa boutique est fantastique
Bougie – Boutique MapleHandcraftandco (13€) > Bougies testées et approuvées, elles sont géniales
Bague – Maje (65€)
Combinaison – Nobody’s Child sur Asos (48,99€)
Bombe de bain – Lush (6€)
Théière en fonte – Nature & découvertes (29,95 €)
Cahiers A5 – Hema (3,25€)
Tour d’astronomie Harry Potter – LEGO (109,99€)

Œuvres VS artistes : peut-on aimer l’un en détestant l’autre ?

J’ai souvent des débats avec moi-même. Et un grand sujet qui revient, notamment en lien avec les actualités, est : peut-on apprécier une œuvre tout en n’approuvant pas l’artiste qui l’a créée ? Peut-on dissocier le « produit » de son créateur ?
Je vais surtout parler de mon ressenti en art contemporain, mais la question ouvre un vaste débat et ne peut se cantonner qu’à une discipline : cinéma, littérature, musique… chacune ayant des spécificités qui peuvent enrichir la réflexion.

Pour commencer, je dirais que personne ne doit s’astreindre à des règles rigides en matière de goût artistique. J’écris cet article pour éclaircir mes quelques pistes de réflexion mais chacun doit trouver son propre équilibre et forger son opinion sur son ressenti.
Selon moi, il ne faut pas sombrer dans le manichéisme, partir d’un principe selon lequel on sacralise un artiste et absolument toutes ses œuvres, ou au contraire, le détester et rejeter toutes ses créations. Une remise en question régulière est bien plus intéressante qu’un avis constant et bloqué. L’art est un vecteur. Il peut faire passer un message, une émotion, un sentiment, il provoque une réaction, une réflexion, un bouleversement… Ce n’est pas forcément 100% agréable, mais ce qui est intéressant, c’est le questionnement, une piste qui nous est offerte et qu’on choisit de développer ou non.

J’ai la chance de travailler dans une agence de communication spécialisée dans le mécénat artistique depuis plus de 2 ans. Quand je suis arrivée dans ce milieu, je ne connaissais absolument rien à l’art contemporain. J’avais de vagues souvenirs du Palais de Tokyo lorsque mon père me faisait visiter Paris quand j’étais petite, j’avais entendu parler de certains artistes internationaux, mais je dois bien avouer que ce n’était pas une passion de long terme. J’ai donc été amenée à m’immerger dans ce milieu de façon assez intense, j’ai découvert beaucoup d’artistes, j’ai parfois dû communiquer sur leurs projets sans toujours les comprendre ou les apprécier. J’ai aussi commencé à lire la presse spécialisée, à m’intéresser aux polémiques propres à ce milieu, notamment autour d’artistes peu scrupuleux, mais aussi les dessous du marché de l’art. Au fur et à mesure de mes découvertes, j’ai commencé à me demander si on peut dissocier une oeuvre de son artiste. La première question qui me vient est celle de la démarche artistique. Une oeuvre perd-t-elle de son sens si elle est isolée de la démarche artistique globale de l’artiste ? Pas forcément mais il est en effet intéressant de regarder le travail artistique dans son ensemble, pour mieux comprendre son sens, son cheminement. Je dois reconnaître que ça requiert un travail qui dénaturalise un peu notre rapport à l’oeuvre, qui instaure une distance peut-être. Il faut aussi se laisser se porter lors de la découverte immédiate de l’œuvre, laisser la place à l’émotion, mais ces éléments peuvent nous aider à nous immerger dans une problématique, pousser nos réflexions.

Peut-on aimer une démarche sans apprécier les oeuvres ? Aimer qu’une oeuvre nous fasse réfléchir tout en étant en désaccord avec ce qu’elle suggère est effectivement une autre piste, je pense d’autant plus dans l’art contemporain, où l’esthétique n’est pas forcément ce qui prévaut, par rapport au message qui est passé.

A l’inverse, peut-on aimer une œuvre si nous n’apprécions pas l’artiste, son personnage, son positionnement ? Personnellement, je suis en conflit intérieur face à Jeff Koons. J’aime beaucoup certaines de ses œuvres, mais j’ai très peu de respect pour sa personne. Mes valeurs voudraient que je bloque sur ses créations mais la réalité est que j’apprécie vraiment certaines de ses oeuvres, autant que j’en déteste d’autres (notamment sa collaboration immonde avec Louis Vuitton). Je dirais que c’est l’exemple parfait pour illustrer toutes les questions que je pose depuis le début de cet article ! A vous de construire votre opinion, et surtout, laissez-vous évoluer 🙂

Rétrospective culturelle – avril 2019

Juste à temps avant qu’il soit trop tard : c’est l’heure de la rétrospective culturelle du mois d’avril 2019 ! Mois riche en visites, notamment parce que j’ai eu 26 ans à la fin du mois, je me suis dépêchée de faire les dernières visites avant d’être trop vieille.

J’ai visité pour la première fois le Musée Marmottan Monet, avec l’exposition L’Orient des peintres. L’exposition temporaire est très intéressante, et la collection permanente ravira les adeptes de l’impressionnisme, avec notamment plusieurs nymphéas de Monet. On y trouve aussi des œuvres religieuses, du mobilier… Le musée est basé dans un hôtel particulier plutôt joli, le cadre est agréable. Ce n’est pas un réel coup de cœur mais ça reste une sortie sympa, si on se motive à aller jusque dans le 16ème arrondissement !

J’ai ensuite visité la Grande Galerie de l’évolution, au Jardin des Plantes. Un des grands classiques que je n’avais pas encore pris le temps de visiter, j’ai été impressionnée par le bâtiment, qui semble encore plus grand à l’intérieur que depuis l’extérieur. L’atmosphère créée par les bruits d’oiseaux, les lumières changeantes et tamisées, fait vraiment voyager, pour toute personne n’ayant pas la phobie de la taxidermie. C’est toujours bizarre de déambuler au milieu d’animaux empaillés mais c’est un incontournable. Un peu comme les catacombes mais mieux, puisque je n’ai pas tourné claustrophobe à la fin de la visite… ( : C’est aussi un bon rappel qu’il est de notre devoir de protéger cette biodiversité que l’humain détruit un peu plus chaque jour…

Nouvelle semaine, nouvelle expo : j’ai visité l’exposition Eléctro à la Philharmonie. Si vous me suivez sur Instagram, vous savez que j’ai adoré. On pense rarement à la Philharmonie pour ses expos, et pourtant, les trois que j’ai vues étaient toutes aussi géniales les unes que les autres ! A chaque fois, vous avez un casque audio qui vous permet de découvrir des extraits (pour les expos précédentes, des chansons de Barbara, ou de comédies musicales en tout genre). L’espace est immense et permet de créer une réelle immersion, avec plusieurs salles, plusieurs ambiances. Il y a toujours un côté participatif qui rend l’exposition ludique et dynamique. Ici, on peut s’initier à la musique éléctro en lisant son Histoire, en jouant avec des boîtes à rythmes, être fasciné.e par une installation lumineuse et musicale… Le déplacement jusqu’à la Villette en vaut clairement la peine !

Derniers jours avant mon anniversaire, avant de retourner au Louvre (histoire de…), j’ai été pour la première fois au Musée Maillol, avec l’exposition autour de la Collection Emil Bührle, qui présente des œuvres de Manet, Degas, Renoir, Cézane, Van Gogh… Encore une super surprise : pour l’aspect historique d’abord, puisqu’on nous explique qu’Emil Bührle a acquis ces œuvres pendant la guerre, et que cela a posé souci notamment car plusieurs d’entre elles avaient été confisquées par les nazis, revendues par des galeries peu scrupuleuses. Ensuite, parce que cette collection est folle : tous les plus grands peintres réunis. Enfin, parce que la collection permanente du musée est aussi géniale. J’avoue que je ne connaissais pas du tout le travail de Maillol avant de visiter le musée, et je suis simplement tombée amoureuse de ses sculptures. Mais il était aussi artiste peintre, dessinateur, même tapissier. Je n’ai pas eu le temps, mais le musée comprend aussi un café qui a l’air très agréable.

Et enfin, le grand jour ! J’ai passé mon 26ème anniversaire dans le Jura, avec ma maman et ma mamie, profitant du beau temps pour faire une excursion à Château Chalon. Petit paragraphe plus touristique qu’artistique, une fois n’est pas coutume… (: A la base, nous allions là bas pour… Remplir nos stocks de vins du Jura, mais c’est aussi un village si mignon à visiter ! Petites rues fleuries, café avec vue sur la vallée, visite d’une vieille école transformée en mini-musée, et dégustation de Savagnin… C’était LA journée parfaite.

5 comptes Instagram pour s’initier à l’art contemporain

Nouvelle rubrique sur le blog ! Je vous propose plusieurs sélections de comptes Instagram à suivre selon des thématiques et un choix totalement arbitraire et subjectif de ma part (: Pour cette première édition, je pose les bases en vous parlant des 5 comptes que je suis pour découvrir l’art contemporain de façon originale !
Ces sélections seront aussi à retrouver dans mes stories à la une, sur le compte Instagram Annaglyphe.

  • Beaux Arts Magazine
    C’est un de mes comptes préférés, très esthétique et un très bon moyen de se tenir au courant des expos en cours ! Je pense également préparer un petit article sur mes magazines artistiques et culturels préférés, et Beaux Arts en fait partie puisque c’est le seul magazine auquel je suis abonnée. Grand public, complet, avec des articles et des rubriques originales… C’est le géant du milieu, je vous invite à le découvrir !
  • Art contempoRien
    Ce compte instagram décrypte de façon ludique et amusante des œuvres contemporaines incontournables. Un compte décomplexant et accessible à tous pour briser la glace et entraîner notre œil à déchiffrer l’art contemporain !
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(SWIPE) Vous observez une « anthropométrie », définie par l’artiste comme la technique des « pinceaux vivants » 🖌. Cet artiste c’est Yves Klein, vous le connaissez surement pour son « Bleu Klein » 🔵. Le principe des anthropométries est simple, ce n’est pas l’artiste qui peint sa toile avec un pinceau, mais des femmes nues qui jouent le rôle du pinceau. Elles s’enduisent de peinture et se frottent directement à la toile. 🎨 Le titre de cette oeuvre est « Grande Anthropophagie bleue, Hommage à Tennessee Williams », décortiquons-le : – « Anthropophagie » : c’est le fait de manger de la viande humaine 🥩 et bien que sa consonance se rapproche de « anthropométrie » son sens est tout autre. – « bleue » : en référence à la couleur du pigment vous l’aurez deviné 👍 – « Tennessee Williams » : non il ne s’agit pas de la célèbre tenniswoman 🎾 mais du grand dramaturge américain du XXème siècle. Mais si vous le connaissez, c’est de lui dont parle Johnny Hallyday dans sa chanson « Quelque chose de Tennessee » ! 🎤 Mais, vous me direz, quel est le lien entre ce dramaturge américain et le cannibalisme ? Tennesse Williams a raconté dans l’une de ses pièces l’histoire d’un homme dévoré vivant par d’autres hommes 😲 et Klein est fasciné par l’anthropophagie. Il a même déclaré « Après tout ne serait-il pas préférable d’être mangé que d’être bombardé à mort ? ». #klein#yvesklein#artcontemporien#artcontemporain#bleu#blue#abstractart#contemporaryart#art#mediation#fun#instaart#nouveauxréalistes#painting#artwork#dailyart#tachesderorschach#centrepompidou

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  • Artsper
    Artsper est un site de vente d’œuvres d’art contemporain (la fourchette des prix est assez large). C’est un très bon site pour se faire une première idée du marché de l’art, et leur compte instagram, en plus d’être très joli, donne pas mal d’infos sur les expositions, des anecdotes sur les artistes et leurs œuvres. Je l’aime particulèrement car leurs sélections d’œuvres sont très esthétiques et assez atypiques.
  • whos__who
    Ma découverte coup de cœur : un compte qui met en parallèle deux œuvres étrangement similaires… Sans aucun commentaire, ce compte pose la question de la limite entre le plagiat et l’inspiration. C’est aussi une occasion de se demander quel message chaque artiste essaye de faire passer, et bien sûr de se demander lequel nous préférons !
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#michaelsnow #marcquinn

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  • The art gorgeous
    La mode a Le Diable s’habille en Prada, l’art contemporain a The Art Gorgeous. Un compte de memes hilarants sur la vie d’une « art girl », et qui propose aussi des contenus plus sérieux. C’est avant tout un magazine anglophone décalé et mettant à l’honneur les femmes (artistes, collectionneuses, galeristes…) de la scène de l’art contemporain.

Rétrospective de février 2019

Après plusieurs mois d’absence et un nouveau nom voici un nouveau moodboard, qui ne s’appellera plus ainsi : ) Il est donc temps de revenir sur mes découvertes culturelles du mois de février !

Ce fut un mois rempli de découvertes parisiennes : théâtre, musées, monuments… J’ai exploré des nouveaux endroits incontournables que je n’avais pas encore pris le temps de visiter en 2 ans à Paris. J’ai commencé par l’exposition « Talisman » au Musée d’Orsay, une très belle rétrospective autour du peintre Paul Sérusier et de la thématique des couleurs. Jusqu’ici, je n’avais vu que des expositions temporaires à Orsay (Degas Danse Dessin, Le symbolisme dans les pays baltes…) que j’avais d’ailleurs toutes adorées, mais je n’avais jamais vues les collections permanentes. J’y suis donc retournée un peu plus tard dans le mois (puisque j’ai aussi commencé un marathon des lieux gratuits avant mon 26ème anniversaire qui approche à grands pas), et je pense que c’est désormais un de mes musées préférés. Il comporte beaucoup de chefs d’œuvres incontournables et fascinants, et le lieu est magnifique. Coup de cœur personnel pour le tableau ci dessous, de Théodore Chassériau.

Théodore Chassériau, Le Tepidarium

Puis, grâce l’idée à ma super coloc, nous sommes allées à l’Odéon pour voir la dernière représentation de Les Idoles, de Christophe Honoré et avec, entres autres, Marina Foïs que j’adore de tout mon cœur. C’était la première fois que j’allais à l’Odéon, et le lieu est superbe. La pièce était à couper le souffle, magnifique et puissante autour d’un sujet terrible, le SIDA et ses premières victimes dans le milieu artistiques, parmi lesquelles plusieurs idoles du scénariste. Vous pouvez trouver la présentation de la pièce ici.

Mon frère m’a motivée à prendre le RER jusqu’à Chantilly pour visiter le château, et malgré le périple que cela représente, ça en vaut clairement la peine ! La bibliothèque est magique, la collection de tableaux est très riche, les parcs (même en hiver) sont très jolis… Et si vous avez un peu de temps et de moyens, je pense que leur restaurant doit être intéressant également !

J’ai ensuite fait un tour dans le Marais pour découvrir le musée Picasso, encore un grand classique que je n’avais pas visité ! Le lieu est très chouette, mais la foule a un peu pris le dessus. C’est un musée intéressant qui permet d’avoir une meilleure idée du travail global du peintre et pas seulement de ses grands classiques, mais j’ai écourté ma visite assez rapidement à cause de la fréquentation qui ne m’a pas permis de m’imprégner vraiment. J’ai profité d’être dans le quartier pour visiter une galerie d’art contemporain. J’ai eu la chance de travailler dans le milieu pendant 2 ans et je n’avais même pas pris le temps d’en visiter une à cette période, surement à cause d’une overdose. Mais le fait d’y retourner cette fois a été un vrai plaisir, j’étais enfin décomplexée et à l’aise dans ce type d’endroit qui peu paraître froid ou hostile si on ne connait pas grand chose à l’art contemporain. Je prépare une série d’articles plus approfondis sur ce sujet, gardez l’œil : )
Cette fois, j’ai visité la galerie Perrotin pour deux raisons :
– Je faisais découvrir le principe des galeries à mon copain, et je voulais commencer par une galerie emblématique, incontournable, internationale… Et Perrotin, c’est pour moi le plus joli cadre et la garantie d’une bonne expo
– Je voulais absolument voir l’exposition de l’artiste Mr : « Mr.’s Melancholy Walk Around The Town » (lien vers la galerie ici). Plus que quelques jours avant qu’elle se termine, je vous la conseille !

Courtesy : Claire Dorn ©️ Mr./Kaikai Kiki Co., Ltd. / Galerie Perrotin

Nous avons conclu cette journée en grimpant au sommet de l’Arc de Triomphe, et même si l’ascension paraît interminable, la vue est la meilleure des récompenses. Nous l’avons fait de nuit, c’était magique de voir toute la capitale scintiller.

Et pour finir, je voulais visiter le musée Rodin mais n’étant pas au top de ma forme ce jour là, je suis arrivée devant pour voir qu’il était fermé… J’étais avec mon père, et nous avons décidé de ne pas nous laisser abattre : nous avons visité le musée de l’armée, les Invalides, juste à côté. Je ne suis pas sûre que je l’aurais visité toute seule, mais finalement c’était une très chouette visite. Je suis passée un peu vite devant la multitude des trucs exposés, n’étant pas du tout passionnée par l’Histoire militaire, par ses traditions, les uniformes etc, mais plusieurs salles m’ont plus intéressée (la tradition des soldats de plomb, les plans-relief, les vidéos explicatives sur les stratégies des grandes batailles…). Et bien sûr, j’ai enfin vu le tombeau de Napoléon, qui m’a plus émue par la beauté du patrimoine que par le personnage. En bref : une visite très instructive, j’ai quand même bien fait de dépasser mes préjugés !

Vue au dessus du tombeau de Napoléon aux Invalides

A bientôt pour une nouvelle rétrospective ✨

Reconnaître une relation toxique grâce à la littérature

En janvier 2019, je fais mieux que tenir ma bonne résolution littéraire, je l’ai dépassée. J’avais pour but de lire au moins un livre par mois, j’en ai lu 3 (champagne !). L’inspiration m’est un peu venue naturellement pour cette article. A vrai dire, j’ai même commencé à me demander si je n’avais pas en penchant un peu glauque pour ce sujet, puisque les trois livres en question ont un sujet très joyeux en commun : les relations toxiques.

Une relation toxique, c’est quand vous tissez des liens forts avec quelqu’un, mais que quand la confiance est installée, vous réalisez que vous alternez entre les moments de complicité et de mal-être. Cette personne de qui vous êtes proche va se servir de votre confiance en elle pour vous faire du mal. Souvent, ces attaques sont déguisées, insidieuses, on n’arrive pas à mettre des mots dessus. C’est un sentiment d’humiliation, de trahison qui s’installe, et paradoxalement, de dépendance. On commence à culpabiliser, à penser que le problème vient de nous, qu’on n’est pas à la hauteur. Et puis cette personne peut nous rassurer en nous disant à quel point elle nous aime, et nous assure qu’elle agit ainsi pour notre bien. Mais petit à petit, elle détruit votre confiance en nous, et plus on doute, plus on ressent le besoin de remonter dans son estime, plus elle a de pouvoir sur nous, et avant qu’on s’en rende compte, on est coincé dans un cercle vicieux.

Alors non, je ne vais pas délivrer une notice pour repérer une relation toxique grâce à ces trois livres, mais si le sujet vous intéresse, je vous les propose comme point de départ.

Pour commencer, la virtuose des relations humaines, rarement saines dans ses livres : Amélie Nothomb. L’autrice divise les lecteurs, et laisse rarement indifférent : soit on la déteste, soit on l’adore. Je fais plutôt partie de la seconde catégorie : je trouve qu’Amélie Nothomb a un style épuré, direct, mais tellement efficace. Certains de ses livres sont vraiment dérangeant, tous ne sont pas aussi captivant les uns que les autres, et on retrouve souvent des thèmes récurant : l’extrême beauté contre l’extrême laideur, l’intelligence et la finesse contre la bêtise et la méchanceté, les relations toxiques, la fascination souvent malsaine… J’aurais pu inclure plusieurs livres de Nothomb dans cet article, mais en janvier, j’ai lu Frappe-toi le cœur, un roman qui présente une relation mère-fille très dure et qui traite de jalousie, de tact, d’épanouissement, de confiance en soi et en les autres. L’histoire d’une jeune fille qui se construit en opposition par rapport à sa mère et son comportement destructeur, mais dont le destin semble se répété malgré tous ses efforts pour s’en éloigner.
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Ce que j’aime dans les histoires de Nothomb, c’est la diversité de ces relations : ici familiales, mais aussi amicales (Antéchrista), amoureuses (Le Sabotage amoureux), professionnelles (Stupeur et tremblements)…
En bref, si vous voulez vous plonger dans la question, c’est la bonne porte d’entrée. Amélie Nothomb est une de mes auteurs préférés, je ne peux que vous recommander ses livres, qui pour moi, se rapprochent de contes de fées et de sorcières modernes.

Pour rester dans la littérature française, un livre récompensé par le Goncourt en 2016 : Chanson douce de Leïla Slimani. J’arrive un peu après la bataille en le découvrant seulement maintenant, je dois le reconnaître.
Dans Chanson douce, on découvre une famille parisienne attachante, qui engage une nounou si parfaite qu’on en est très vite mal à l’aise. Parce qu’on sait que l’autrice n’a pas écrit un roman joyeux, elle nous l’annonce dès la première phrase du livre. Au fil des chapitres, des flashbacks, des événements, on sent l’urgence de plus en plus pesante, l’étau se resserrer autour des personnages. Les relations se transforment en sables mouvants jusqu’à l’asphyxie.
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Je crois qu’aucun livre ne m’a autant happée sentimentalement : on veut croire au tableau parfait que nous présente l’autrice dans les premiers chapitres, mais on sait que le vernis va s’écailler au fur et à mesure que les personnages baisseront leur garde. Progressivement, le malaise s’installe, puis laisse place à une véritable angoisse. On sait que le déni d’un déséquilibre évident, que la dépendance des personnages les uns par rapport aux autres se révéleront tragiques.

Enfin, dans un style différent, plus léger, un roman autobiographique : Good Morning, Mr President! de Rebecca Dorey Stein.
C’était mon livre de décompression, un peu comme on regarde FRIENDS entre deux épisodes de Black Mirror. Le récit : Rebecca Dorey Stein rejoint la Maison Blanche sous la première présidence d’Obama en tant que sténo. Elle retranscrit donc ses prises de paroles, ses discours, ses interviews, réunions… Job qu’elle va conserver après la réélection du 44ème président des Etats Unis. Elle raconte son quotidien avec POTUS, son staff, les journalistes, au fil de voyages partout dans le monde. Elle raconte également ses relations, les amitiés qu’elle construit, les rivalités, les manipulations.
> résumé complet
Comme beaucoup de lecteurs je pense, j’ai été un peu déçue de ne découvrir qu’une petite partie du fonctionnement de la Maison Blanche et beaucoup de la vie privée de Rebecca Dorey Stein. Mais c’est grâce à cet angle que je peux parler de ce livre dans cet article : on suit sa rencontre et sa relation (ou non-relation) avec un conseiller d’Obama, terriblement charismatique et manipulateur. Je l’inclus également dans cet article pour les relations professionnelles entre femmes. L’autrice a un recul admirable sur les femmes « hiérarchiquement supérieures » mais essayant pourtant de la rabaisser. Une assez jolie expérience du Girl Power et de son contraire.
C’est inévitablement le livre dans lequel nous pouvons le plus nous reconnaître : des résolutions qu’on n’arrive pas à tenir, des faiblesses inavouables, des décisions qu’on regrette le lendemain… à nous faire demander si finalement, le problème ne viendrait pas de nous. Je veux pas vous spoiler, mais la réponse est non.

Alors que retenir de cet article ? Evidemment, je ne souhaite à personne de rencontrer une personne mal attentionnée, si mal dans sa peau qu’elle essayera de vous rabaisser. Mais c’est grâce à mes lectures que j’ai su mettre des mots et prendre du recul sur les relations toxiques que j’ai connues. C’est grâce à Antéchrista que j’ai retrouvé une sérénité, et un esprit assez apaisé pour comprendre que je ne pouvais pas en vouloir à celle qui m’avait fait souffrir : elle même n’avait pas la capacité de se remettre en question, de se sentir mieux. Mais j’ai surtout compris que je n’étais si le problème, ni la solution à son comportement. J’ai pu alors m’éloigner, lâcher prise, et me reconstruire loin d’elle.
N’oubliez pas de vous faire confiance avant de faire confiance aux autres, et sachez que toute personne qui essaye de vous faire du mal est très certainement moins épanouie que vous, voire simplement ultra jalouse de vous.

Whoever is trying to bring you down is already below you

Illustration : extrait de Toxic, Britney Spears

Bye 2018

L’heure du bilan a sonné : que retenir de 2018 en terme de découvertes culturelles ? Que le meilleur, bien sûr. Voici une sélection 100% subjective de ce que j’ai lu, vu, entendu en 2018, et que je vais garder dans un coin de ma tête en 2019. Et comme dirait Ariana Grande : « thank u, next« 

Les expositions
Parce qu’une image vaut 1000 mots, et parce que mes souvenirs ne sont plus assez frais pour cette rubrique… Voici deux de mes expositions préférées de 2018 : Degas Danse Dessin au Musée d’Orsay, et Ai Weiwei Fan-tan au Mucem.

Les séries
La saison 6 d’Orange is the new black a réussi à apporter un nouveau souffle à la série : nouveau décor, nouveaux personnages, nouvelles problématiques, mais aussi des éléments complémentaires sur nos détenues préférées… Je conseille à tout le monde de regarder cette série, décapante et qui apporte un regard fondamental sur le milieu carcéral, que l’on connait peu, et qui est pourtant sujet à de sévères jugements et à opinions tranchées. Parfait équilibre entre discours engagé, humour noir, personnages complexes, c’est une production captivante, intelligente et incontournable.
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Dix pour cent, série française diffusée sur France 2, revenait cette année pour sa troisième saison. Quelques nouveautés ne m’ont pas conquise, mais dans l’ensemble, elle reste une série géniale, drôle et pleine de guest stars, avec un concept rafraîchissant dans le paysage des séries actuelles.
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Orange Is The New Black, extrait de l’épisode final de la saison 5, aka la scène qui vous fera pleurer toutes les larmes de votre corps

Les films
Parmi les films que j’ai découvert en 2018, trois sortent du lot, par leur beauté, leur humour et/ou leur justesse.

L’Ile aux chiens, de Wes Anderson
Le maître du cinéma d’animation et de l’esthétique a encore frappé. Dans L’Ile aux chiens, Anderson montre le pays du soleil levant, divisé à cause… d’animaux de compagnie. Une réalisation parfaite, une histoire creusant le thème de l’exclusion sociale et même de la persécution, et évidemment le lien humains – animaux, sont au cœur de ce récit fantastique.
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Au poste, de Quentin Dupieux
Un thriller hilarant et absurde, qui réjouira les adeptes de La Cité de la peur, incarné par Benoît Poelvoorde, Grégoire Ludig, Anaïs Demoustier et Marc Fraize, tous absolument géniaux. Quasi indescriptible, mais chaudement recommandé.
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Le Grand Bain, de Gilles Lellouche
J’ai déjà dédié un article à ce film, que vous pouvez lire ici !
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Extrait de L’Ile aux chiens de Wes Anderson

Les livres
Pour cette section, je vais faire une exception et vous parler de livres qui ne sont pas sortis en 2018, mais que j’ai découvert cette année. Je n’ai pas tout à fait tenu ma résolution consistant à lire un livre par mois, mais je n’en étais pas si loin. J’ai, entre autre, lu les premiers tomes de Harry Potter, que je n’avais jamais lu étant enfant. Mais c’est deux autres livres que j’ai sélectionné pour cet article :

Grandir, de Sophie Fontanel
J’ai été très touchée par ce récit très personnel, dans lequel elle évoque sa relation avec sa mère, vieillissante, et l’inversement de la dépendance de l’une à l’autre. Grandir, parce que l’auteure devient la mère de sa propre mère, avec toutes les responsabilités et les émotions que cela sous-entend.

Une Vie, de Simone Veil
Une institution, un incontournable de la littérature : l’autobiographie de Simone Veil. J’ai été marquée par l’humilité de l’ex présidente du Parlement européen, ministre, magistrate et militante pour les Droits de l’Homme et de la Femme. Simone Veil a toujours gardé la tête froide, guidée par les plus nobles ambitions.

La musique
La musique n’est pas mon domaine de prédilection, je dois reconnaître que je ne fais pas vraiment preuve d’une grande curiosité… Mon coup de coeur de l’année, sans trop d’originalité je dois le reconnaître, c’est Angèle et son album BROL, pop et mélancolique. Of course, pour ceux qui suivent depuis l’introduction de l’article, Ariana Grande a trouvé sa place dans mon cœur (:

Et en bonus, la vidéo coup de cœur 2018✌️

Quelle place pour le « Girl Power » dans la pop culture ?

La culture populaire, ou Pop Culture, désigne un mouvement culturel moderne et largement – voire mondialement – diffusé. La place qui y est accordée aux filles, aux femmes et à la féminité est très souvent l’objet de critiques comme de revendications. Le genre et les identités genrées donneraient lieu au développement de stratégies commerciales, comme à aviver les luttes féministes pour briser les stéréotypes imposés par la culture populaire. Paradoxalement, de plus en plus d’icônes de la Pop Culture se positionnent en féministes affirmées et revendicatrices. Leur légitimité est sans cesse remise en question, notamment pas les femmes et les féministes elles-mêmes.

Pourquoi la place des Femmes dans la Pop Culture divise-t-elle les féministes ? Peut-on parler d’un post-féminisme dans la Pop Culture ?

Dans la société contemporaine et la culture populaire, nous parlons moins des Femmes comme des figures maternelles, que comme des êtres sexualisés et affirmés dans leur identité sexuelle. Les mouvements féministes plus récents (féminisme « de la deuxième et troisième vague ») se battent pour la déconstruction des clichés sexistes sur la féminité et l’image de la Femme véhiculée par les médias. Avec l’apparition de la culture de masse, la diffusion de ces clichés est rendue de plus en plus facile, et ces derniers sont utilisés à des fins commerciales : publicité, clips, séries… La personnification de la féminité par les célébrités du monde de la musique, du cinéma et de la scène culturelle contemporaine en général, divise les féministes : victimes d’une société de consommation pour certaines, femmes émancipées des barrières corporelles imposées pendant des siècles pour d’autres… Cette sexualisation à outrance représenterait alors potentiellement une menace pour les filles et les femmes, une perte de liberté dans leur choix, dans la construction de leur identité, alors que pour d’autres, ce serait un outil pour briser l’image de la ménagère modèle des générations précédentes. Quels mouvements féministes se positionnent en la faveur d’un argument ou d’un autre ? Qu’est ce qui permet aux icônes de la Pop Culture de se revendiquer féministes ?

Les médias peuvent alors se présenter à la fois comme un outil de taille pour diffuser et faire connaître les revendications féministes, et comme un monstre à combattre, représentant un poids énorme sur la société et sur les idées véhiculées : ils ont en quelque sorte le monopole de la culture et des représentations collectives. Cette vision qui est imposée par la force douce, est réductrice à un rôle défini, et normative quant à la définition de la féminité et du rôle des femmes dans la société. Le pari d’apprivoiser les médias pour renverser ces représentations de « La Femme Mystifiée » qui n’aurait que très peu la parole dans la société et servir la cause féministe est donc un enjeu primordial, voire indispensable.

Le MLF (Mouvement de Libération des Femmes) se servait déjà de tracts pour faire connaître et dénoncer de façon claire et simple les injustices et les inégalités hommes-femmes. Progressivement, les féministes, à l’image du groupe Punk des Riot Grrrls, vont occuper la scène culturelle pour faire passer les messages de leur lutte : elles font évoluer le terrain traditionnel du militantisme en utilisant de nouveaux outils : manifestations, littérature, circulaires… pour évoluer vers une culture accessible à tous, et qui permettrait de construire une nouvelle identité tout en dénonçant le patriarcat. Le défi est avant tout de parvenir à occuper le terrain culturel, très majoritairement masculin. Dans les années 1970, aux États-Unis, la musique rock sert d’outil à la révolution culturelle. Ce sera le lancement de carrières telles que celles de Tina Turner, ou encore Madonna, et donnant en parallèle lieu à un paradoxe : l’apparition de figures de femmes influentes, puissantes et connaissant un immense succès, tout en continuant à véhiculer les clichés de femmes très sexualisées et à accentuer la vision de la féminité déjà ancrée dans la société. Ce mouvement s’inscrit dans le féminisme de la deuxième vague. Les femmes auront notamment pour combat de se réapproprier le corps féminin et leur sexualité, de conquérir une nouvelle place et une nouvelle reconnaissance dans la société…

Alors que les féministes de la deuxième vague luttaient pour être libres de leur corps, du choix de leurs vêtements, et pour se libérer de règles d’une bienséance oppressante, on reproche aujourd’hui aux femmes dans la Pop Culture de pousser ce concept jusqu’à la « sur-sexualisation » de leur image, en défaveur du féminisme selon certaines, ou en provocation pour se réapproprier la définition de la féminité selon d’autres. Le mouvement du New Organization for Women (le NOW) va d’ailleurs s’appliquer à insérer la lutte féministe dans la culture dominante déjà en place plutôt que d’essayer de créer un mouvement culturel à part. Deux stratégies peuvent alors être distinguées : celle de créer à partir de l’identité féministe un courant propre et exclusivement féminin, et celui de se réapproprier l’espace culturel déjà existant pour l’adapter à une nouvelle définition du genre et casser les représentations jusqu’ici imposées. La scène culturelle peut alors devenir un endroit où les Femmes peuvent occuper l’espace et même avoir le quasi-monopole du mouvement, sans leader masculin, avec une grande potentialité d’expression et une multitude de possibilités quant aux messages et à la forme que ceux-ci peuvent prendre. Le but n’est pas forcément de revendiquer que les femmes en tant que groupe sexuel peuvent apporter quelque chose d’inédit à la culture (sauf pour les féministes essentialistes considérant que les femmes et les hommes naissent avec des différences de caractère et de sensibilité biologiquement parlant), mais plutôt de garantir un égal accès aux individus à l’expression artistique et surtout de se servir des médias et de la culture comme un outil de communication, de dénonciation et de revendication. L’industrie culturelle représente un monde à s’approprier pour les femmes, avec des codes masculins à défaire ou à transformer pour qu’elles puissent aussi bien s’y épanouir, mais aussi une opportunité de sortir du schéma traditionnel des femmes vouées au travail domestique.

Cette nouvelle forme du mouvement mène-t-telle vers un post-féminisme, se confondant avec une campagne de prévention, ou reste-t-elle un mouvement militant avec des caractéristiques propres ? En effet, la nouvelle vague féministe, appelée parfois « troisième vague du féminisme », pose problème dans le sens où elle prendrait une forme inédite et beaucoup plus floue que les mouvements précédents. Cette hybridation post-féministe prendrait alors forme dans une scène iconographique moderne, avec des codes propres à une génération de plus en plus exposée aux médias, à internet, à la culture de masse. Le risque de cette mutation est de perdre de vue (ou de faire perdre de vue) l’aspect d’un « mouvement social », pour finalement sombrer dans un produit commercial dont la réception par le public ne fera aucunement écho à la lutte pour l’égalité des sexes. C’est d’ailleurs ce qui est dénoncé par certaines féministes : le capitalisme et le patriarcat auraient récupéré cette nouvelle visibilité pour en faire un produit de consommation, une stratégie commerciale qui finalement s’avoue être un retour en arrière : la réapparition de clichés sexistes, la réintroduction de stéréotypes sur la féminité, des slogans récupérés et vidés de leur sens…

En effet, dans le début des années 1990, avec les Riot Grrrls citées plus haut (vous pouvez trouver plusieurs reportages sur ce groupe sur Youtube), le slogan « Girl Power » devient un outil des féministes, visant à introduire une image de femmes fortes, ne répondant pas forcément aux critères classiques de la « féminité », de beauté et de délicatesse qui étaient véhiculés jusqu’alors. Cette stylisation de la femme en un corps et une mentalité très féminins sont le reflet d’un idéal masculin de la féminité. Un rejet de ces clichés est donc opéré par ces militantes, qui célèbrent les différences et en réclament une vision plus libre.

Cela implique un réel risque que l’on en fasse très rapidement un concept et une lutte vidés de leur sens pour les réduire à une stratégie marketing. La société de consommation a un but, celui de faire vendre toujours plus. Se perd alors l’aspect militantisme pour basculer dans un simple bien de consommation. Pire, cela se transforme en une stratégie de vente, où les femmes sont prises pour des cibles consommatrices à qui l’industrie culturelle cherche à vendre un leurre. À la fin des années 1990, les Riot Grrrls sont repérées par l’industrie culturelle, mais seul leur slogan « Girl Power » sera récupéré et adapté pour être commercialisé : c’est l’apparition des Girls Band et de chanteuses répétant cette phrase, qui cherche à faire vendre non pas en réclamant plus de pouvoir aux femmes, mais en jouant sur l’accentuation d’une identité féminine superficielle.

En effet, il s’agit ici uniquement de créer un univers ultra-féminin dans l’industrie culturelle, qui serait réservé aux femmes, pour vendre plus facilement à un public mieux ciblé. Mais l’aspect revendicatif a bel et bien disparu. Le problème, c’est que cette promotion commerciale occulte les revendications féministes, et résulte dans la création d’une illusion de pouvoir, qui est en réalité contrôlé par le marché. Nous pourrions même aller jusqu’à parler de l’infiltration du social et du personnel par le culturel – ou du moins, par l’industrie culturelle : le personnel est devenu une identité fortement influencée par les médias et par les marchés du « Girl Power » dans l’industrie culturelle. Le problème serait ainsi que l’on limite la féminité à une définition donnée par le marché de l’industrie culturelle, en mettant à l’écart toutes autres formes d’identité auxquelles les femmes pourraient aspirer. Surtout, la culture qui devait être un nouveau moyen pour les femmes de se libérer et de se désenclaver du patriarcat, se retrouve être un autre marché dirigé par des logiques capitalistes, reproduisant le schéma duquel les féministes tentaient de sortir. Par conséquent, au lieu de devenir une arme féministe, la situation inverse se produit : la définition d’un univers féminin, avec des normes et des critères commerciaux définis par l’industrie, jouent contre la lutte féministe en imposant une vision « culturelle » de ce à quoi doivent ressembler les femmes qui consommeront ces objets moins culturels que commerciaux. L’industrie culturelle et le marketing récupèrent la lutte féministe, la transforment en un principe attractif auquel les femmes peuvent facilement s’identifier.

En plus de restreindre un univers qui représentait un espoir de créativité et d’expression à une définition masculiniste de la féminité et du rôle de la femme, de créer une confusion entre militantisme et produit de consommation, l’industrie culturelle crée un paradoxe : elle crée des « Femmes icônes », des chanteuses, actrices, etc, qui vont devenir des modèles adulées par les spectatrices, mais très facilement lynchées à leur moindre faux pas. La surmédiatisation de ces figures féminines ayant réussi à devenir célèbres, indépendantes, donne une occasion de représenter une aspiration positive, qui pourrait correspondre à un idéal féministe. Mais cette représentation est très éloignée du commun et du quotidien des femmes. Peut-on réellement s’identifier à elles, ou consomme-t-on juste tout en gardant une vision patriarcale de ce que ces femmes doivent être ? On assiste à une valorisation d’un « female masculinity », c’est à dire à masculinisation de ces figures, dans le sens où elles ont acquis un pouvoir et une indépendance, traits associés à la masculinité dans la vision genrée, ce qui les met en valeur. Mais ces icônes sont rappelées à l’ordre dès qu’elles ne se comportent plus comme un modèle de bonne épouse ou de mère modèle : c’est ce qu’on appelle le slut-shaming. Tout comportement qui ne serait pas exemplaire est l’objet de vives critiques, souvent disproportionnées, et aussi bien émises par les hommes que par les femmes. Ce phénomène est une manifestation claire d’un esprit patriarcal adopté même pas les femmes, sans qu’elles en soient conscientes, puisqu’elles n’acceptent pas que ces modèles pourtant très différentes d’elles, ne reproduisent pas la figure d’une femme pure. La puissance fait fantasmer, mais la libération des mœurs de vertu traditionnelle choque le public. En parallèle, dans l’industrie du cinéma, on assiste au phénomène inverse : très souvent, la femme ultra-féminine est relayée aux seconds rôles ou n’est que difficilement prise au sérieux, alors que la femme « masculine » est souvent placée en héroïne.

La sur-sexualisation des femmes dans l’industrie culturelle est-elle une provocation, une réapparition des clichés par les femmes, ou du sexisme déguisé ? La difficulté pour discerner les deux est peut-être la preuve que lutte féministe et marketing sont une association qui connaît des limites. Il paraît en effet compliqué pour les mouvements féministes de lutter contre un modèle dominant qui propose une vision très réduite de la féminité. Féminisme et industrie culturelle se complètent car le premier donne de l’inspiration au second, et le second donne de la visibilité au premier. Mais jusqu’ici, l’insertion d’une vision alternative de la femme est un échec. On assiste même à une bipolarisation exacerbée de la vision des femmes : d’un côté, la femme vertueuse et modèle, de l’autre, la femme sur-sexualisée. Aucune de ces deux visions ne reflète la réalité, ni ne traduit un enrichissement réel de la scène culturelle pour les féministes. De plus, on observe une grande confusion entre mouvement social et effet de mode. Certaines féministes considèrent que se réclamer féministe sans participer à des actions militantes précises, ne répond pas à la définition. Pour d’autre, la mise en lumière, même artificielle et commerciale de femmes fortes et du terme « féminisme » est un pas en avant. Mais les célébrités sont-elles vraiment féministes ? La chanteuse Beyoncé est certainement celle qui fait le plus polémique sur le sujet. Se revendiquant clairement féministe, elle est ouvertement critiquée pour sa sur-féminisation et sa sexualisation poussée. D’un autre côté, dans ses chansons, la chanteuse a souvent transmis des messages assez féministes comme celui de payer elle-même tout ses achats plutôt que laisser un homme le faire, d’être indépendante et d’avoir du pouvoir, elle donne des concerts avec un groupe de danse exclusivement féminin, elle a adopté une logique d’embauche favorable aux femmes, qui occupent les postes les mieux rémunéré au sein de sa compagnie, et enfin, elle cite dans une chanson le discours de Chimamanda Ngozi Adichie, féministe et intellectuelle nigériane reconnue.

De plus, le féminisme a aussi pour but de garantir le droit aux femmes qui s’identifient à ces critères de féminité de s’afficher comme telles, de s’assumer en tant que personnes « sexy », autant que de garantir la possibilité pour les femmes qui ne se reconnaissent pas dans cette façon d’être de s’épanouir autrement. Le problème est donc bien que la culture populaire ne propose pas assez d’alternatives auxquelles chacune pourrait s’identifier sans se sentir différente ou « hors norme ». Le but est en fait de casser toute norme, de permettre à chacun et chacune de créer sa propre identité, mais les « féministes de la culture populaire » semblent plus contribuer à une mise en scène de femmes fortes qu’à faire avancer les problèmes d’inégalités économiques et sociales concrètes aux États-Unis. La portée des messages est limitée à créer une aspiration et une motivation pour les jeunes filles qui constituent le public principal, mais ne peuvent constituer un mouvement complet.

Enfin, un autre problème est que les médias posent rarement un schéma victime-coupable dans les discours qu’ils véhiculent. En effet, on peut souvent assister à un constat sur une situation d’inégalité, d’oppression -la reconnaissance de ce constat étant déjà une étape primordiale, certes- mais rarement à la désignation d’une cause. En conséquent, on voit surtout la dénonciation d’une situation un peu floue, où il est difficile de définir qui ou quoi combattre.

Alors que ces revendications, ces dissensions et ces paradoxes sont au cœur d’un débat entre féministes, certains parlent de « féminisme de troisième vague » pour désigner cette mise en lumière du concept sur la scène culturelle moderne. Ses ambassadrices ? Emma Watson, littéralement ambassadrice à l’Entité des Nations unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU Femmes), ou encore Beyoncé, se mettant en scène devant le mot « FEMINIST » lors d’une de ses performances. Ce qui leur est reproché est en partie d’être victime de la culture populaire et de l’industrie culturelle, et d’encourager de faire vider de son sens le Girl Power. En outre, ces femmes érigées en modèles contribuent à la sacralisation d’un idéal féminin, éloigné de la réalité et des actions concrètes menées par les féministes. Il peut alors paraître que ces figures très médiatisées soient un bon moyen de faire connaître la problématique derrière le mouvement féministe, mais ne soient pas suffisantes pour faire progresser la lutte. Le terme « féminisme » est encore très connoté dans l’inconscient collectif, certaines personnes refusant même de se définir comme telles car « féministe » serait sexiste. Ellen Page, jeune actrice canadienne, participe elle aussi au débat en dénonçant ce rejet du terme : « mais cela peut-il être plus évident que nous vivons encore dans un monde patriarcal quand le mot « féminisme » est un gros mot ? ». La médiatisation de ce mot par des personnes très connues et très suivies peut donc contribuer à mieux le définir dans ce public, le risque restant de le vider de son sens s’il est repris à l’excès par le marketing. Le féminisme de la troisième vague manque-t-il de lutte féministe ? Nous pouvons donc nous demander s’il peut réellement constituer un mouvement de lutte alors même qu’il est inscrit dans un marché mondial dominant.

« L’homme a réduit la femme à n’être rien. Un rien, cela ne parle pas. C’est donc l’homme qui parle de la femme, pour la femme. Et comme on ne peut parler de rien, l’homme en parlant de la femme, parle toujours de lui. Aujourd’hui, toutefois, l’homme est devenu généreux. Il donne la parole aux femmes… »

Claude Alzon, Femme mythifiée, femme mystifiée

Pour aller plus loin, je vous recommande de lire ou de regarder…

  • Cécile Denjean, Princesses, pop stars and girl power
  • Linda Holtzman, Media messages: what film, television, and popular music teach us about race, class, gender, and sexual orientation
  • Patricia Roux et Olivier Fillieule, Le sexe du militantisme
  • Jacques J. Zephir,  Le néo-féminisme de Simone de Beauvoir: trente ans après Le Deuxième sexe, un post-scriptum
  • Figures du féminin dans les industries culturelles contemporaines: Bridget Jones, Top girls
  • Stacy Gillis et Joanne Hollows, Feminism, domesticity and popular culture
  • Chimamanda Ngozi Adichie, « We Should All Be Feminist »
  • Erik Neveu, Sociologie des mouvements sociaux